La suppression du questionnaire de santé par le Crédit Mutuel pour ses clients pourrait inspirer d’autres banques et faire augmenter l’assurance.

 

Au Crédit Mutuel, il ne sera plus nécessaire de remplir le questionnaire de santé d’ordinaire soumis aux emprunteurs qui souhaitent souscrire à un crédit immobilier. Cette annonce faite mardi 9 novembre est une bonne nouvelle pour les clients en mauvaise santé qui ne subiront plus le poids de la discrimination. Mais alors que le groupe mutualiste l’a supprimé, d’autres banques vont-elles emprunter le même chemin ? Et cela va-t-il se répercuter sur le coût de l’assurance des personnes en bonne santé ?

 

En supprimant ce questionnaire pour souscrire à un crédit immobilier, le Crédit Mutuel enlève de facto la surprime pour les malades, ce qui va lui coûter 30 millions d’euros pour les contrats actuels et 40 millions pour les nouveaux emprunts. « Nous recevons plusieurs centaines de demandes depuis mardi », explique un porte-parole de la banque mutualiste auprès du Figaro. Chaque année, le Crédit Mutuel accorde 300.000 nouveaux prêts aux particuliers qui acquièrent une résidence principale, parmi lesquels « 50% de clients fidèles et 50% de nouveaux clients ».

CNP Assurances et le Crédit Agricole l’envisagent

Même si cette mesure va coûter 0,4% de son produit net bancaire, un porte-parole du Crédit Mutuel cité par nos confrères affirme que « la suppression de ces surprimes ne sera pas répercutée pour les autres clients », à condition que les autres grands réseaux bancaires n’imitent pas le groupe mutualiste. Si c’est le cas, une surprime d’un montant de 1 à 2 euros par mois pourrait être nécessaire pour prendre en charge les surcoûts engendrés par les assurés en mauvaise santé. Ce qui représente, pour un crédit de 20 ans, un total d’augmentation compris entre 240 et 480 euros.

 

 

Et les autres réseaux bancaires dans tout ça ? La plupart envisagent également de supprimer le questionnaire de santé pour accéder au crédit immobilier. C’est notamment le cas de CNP Assurances et du Crédit Agricole, les deux principaux acteurs de l’assurance emprunteur. « C’est le sens de nos réflexions actuelles dont l’objectif est de repousser les limites de l’assurance », relaie ainsi au Figaro CNP Assurances, qui loue une « initiative (du Crédit Mutuel) positive et intéressante ». Pour la « Banque verte », le sujet est sur la table. « Nous voulons favoriser l’accès de l’assurance pour tous et lutter contre la démutualisation du risque qui pénalise les plus défavorisés », argumente le Crédit Agricole, « favorable à une évolution du cadre réglementaire qui imposerait des grilles tarifaires plus resserrées et une part significative de risques aggravés dans le portefeuille de chaque assureur ».

Et si une telle mesure se généralise, certains craignent que cela ne signe la fin du courtage en immobilier et de la mobilité bancaire. En ce sens, Astrid Cousin, porte-parole de Magnolia, comparateur d’assurance emprunteur, juge que cet « outil de fidélisation » permet de contrer la résiliation de l’assurance emprunteur à n’importe quel moment rejetée par les banques et défendue par Patricia Lemoine, députée de la majorité présidentielle (Agir ensemble). Dans le courant de la semaine prochaine, sa proposition de loi qui serait soutenue par le gouvernement, sera examinée en commission. La question ne manquera sûrement pas de provoquer des discussions animées.